Epuisement maternel

Une des majeures difficultés à parler d’épuisement maternel est la crainte des mères d’être perçue comme une mère indigne. Il y a quelque part une croyance bien ancrée que si on se plaint ouvertement de notre situation maternelle on est en train de dire qu’on n’aime pas nos enfants.

Il faut être clair, il y a des moments où on est agacée par notre môme. Il y a des journées tellement chaotiques qu’on aimerait qu’on pourrait le faire disparaître.

Il est acceptable de parler entre copines de ces moments difficiles. Quoique, même entre copines, il y a une chance qu’elles nous regardent de travers par rapport à certaines remarques que l’on fait. C’est dire, à quel point nous sommes toujours surveillées et évaluées sur nos compétences maternelles.

Mais il n’y a pas de compétence maternelle qui s’appelle « Savoir se sacrifier pour l’épanouissement des enfants », en tout cas je ne l’ai vu dans aucun livre d’expert. Ah si, dans le livre de Bettelheim, il parle en long et en large de la nécessité de la mère de se faire écraser (pas littéralement) par son môme pour construire la confiance en soi du môme en question. Son livre figure parmi la liste des livres « à ne pas prendre au sérieux ». Il y a d’autres livres écrits par des hommes-experts, en commençant par Jean-Jacques Rousseau en 1762, avec plein de théories imaginées par des hommes qui n’ont pas écouté les mères.

Quand est-ce que nous pourrions parler librement de notre fatigue ou de notre épuisement sans que nous soyons prises pour des mauvaises mères ? ou des mères incompétentes ?

Quand pourrions-nous parler de notre ras-le-bol des exigences et des injonctions sociétales de notre entourage ?

Quand pourrions-nous avoir la paix ? Et une pause décente avec un relais digne ? Quand pourrions-nous avoir du soutien comme nous le souhaitons ?

Quand on le demande ?

Quand on fait la grève ?

Quand on est hospitalisée pour épuisement ?

Nous vous proposerons prochainement un atelier sur le burn-out ou l’épuisement maternel. A bientôt !